Gestion des risques : pourquoi le recours à l’auto-évaluation RSE des fournisseurs n’est plus suffisant

January 29, 2019 Veronique Seel

 

gestion des risques

 

Comment les entreprises évaluent, gèrent les performances sociales et environnementales et pratiques éthiques des partenaires commerciaux – tout en les aidant à s’améliorer ? Quelle est la place et l’apport de l’évaluation dans l’ensemble du dispositif de gestion des risques et du devoir légal de vigilance ?

Nouveau livre blanc : "Pourquoi le recours à l’auto-évaluation des tiers n’est plus suffisant" décrivant les choix des groupes Ciena, Bonduelle, Bel et Michelin.

2019 sera la première année où les grandes entreprises devront rendre compte de la mise en oeuvre du plan de vigilance et de la gestion des risques éthiques, sociaux et environnementaux des partenaires commerciaux.

L’étude menée en 2018 par l’association EDH et B&L évolution révélait que l’évaluation des fournisseurs faisait partie du Top 3 des pratiques en matière de gestion des risques :

  1. Évaluation des fournisseurs
  2. Charte fournisseurs/codes de conduite
  3. Audits fournisseurs

edh, gestion des risques

Téléchargez la présentation intégrale “Devoir de vigilance et achats : analyse des plans publiés et premières tendances / Association edh et B&L évolution”

 

 

Gestion des risques éthiques,sociaux et environnementaux :

Si le recours à l’évaluation des fournisseurs est la pratique la plus répandue, de quelle évaluation parle-t-on exactement ?

 

Évaluation RSE des fournisseurs, la collecte des données est opérée de deux manières très différentes :

 

  • Au sein de certaines entreprises, les directions concernées par les risques éthiques, sociaux et environnementaux de la chaîne d’approvisionnement (Achats, RSE/développement durable, Risques, compliance et conformité…) compilent leurs propres données déclaratives issues de questionnaires d’auto-évaluation (SAQ) adressés aux fournisseurs et partenaires commerciaux. Elles peuvent parfois externaliser leur collecte de données déclaratives en s’appuyant sur des plateformes SAQ (Self Assessement Questionnaire) spécialisées le plus souvent sur un secteur d’activité.

 

  • Face aux enjeux, d’autres entreprises font appel à un tiers indépendant et spécialisé, comme EcoVadis, et font le choix d’une évaluation fondée sur des preuves. Les directions achats concentrent alors leurs ressources internes sur l’accompagnement des partenaires commerciaux : “Le système de notation Ecovadis nous permet d’augmenter le nombre de fournisseurs évalués et concentre nos ressources internes sur les plans d’actions et les suivis auprès des fournisseurs identifiés comme potentiels risques RSE.” (NOKIA)

 

 

Évaluer les partenaires commerciaux :

Distinguer auto-évaluation (SAQ) et évaluation fondée sur des preuves (audit documentaire, screenings, audit social…)

 

  Auto évaluation (SAQ) Evaluation et Scores EcoVadis
Périmètre Collecte de données sur les risques éthiques, sociaux et environnementaux en ligne avec code de conduite et/ou charte et clauses contractuelles pratiquées. Évaluation de la qualité du système de management de la RSE d’une entreprise à travers ses politiques, actions mises en place et résultats.
Objectif Identifier les risques de non conformité. Identifier et comprendre sur quels enjeux des partenaires commerciaux peuvent représenter des risques – à l’aide d’une échelle de notation simple et facile à comprendre par les acheteurs et les fournisseurs.
Identifier aussi des fournisseurs qui représentent des opportunités : innovations environnementales, pratiques éthiques exemplaires facilement réplicables…
Questionnaire et collecte des données Le questionnaire sert à recueillir les réponses

Questionnaire le plus souvent standardisé, approches sectorielles (5 à 10) sur des plateformes mutualisées des questionnaires déclaratifs.

Sondage souvent inutilement long, de 50 à plus de 200 questions selon le secteur.

Des taux de retour hétérogènes.

Le questionnaire sert à collecter les documents justificatifs

Questionnaire systématiquement personnalisé

Le questionnaire est adapté à chaque entreprise en fonction de son secteur d’activité, de sa taille et de sa localisation et étendue géographique.

De bons taux de retour (jusqu’à 90%), qualité des réponses documentées.

Méthodologie
Vérifications
Le responsable du projet, l’acheteur (ou l’auditeur) décident de la méthode et des moyens alloués.

En pratique, le questionnaire déclaratif sert de pré-audit.

Les déclarations de l’entreprise ne sont pas prises en compte à moins d’être accompagnées de preuves tangibles.

Données analysées par des experts locaux par grande zone géographique.
Référentiel robuste, évolutif et aligné sur des normes RSE internationales.

Capitalisation sur 10 ans de pratiques et 50.000 entreprises évaluées.

Côté acheteur Accès le plus souvent à un fichier tableur de type .xls de données des réponses auto déclarées, souvent sans preuves documentaires ; « scoring » automatique des réponses

Limites :
Fiabilité (réponses déclaratives) Très faible capacité d’action selon les résultats Les acheteurs manquent d’expertise et de temps pour interpréter les résultats

Accès à la plateforme collaborative EcoVadis et l’ensemble des outils de management et gestion. Vue d’ensemble du portefeuille fournisseurs (invités, évalués, actions correctives lancées/à lancer).
Scores/100 par thème et en global, comparaisons, points forts et points d’amélioration, alertes et news, outil collaboratif d’actions correctives. Possibilité d’intégrer les scores directement au Système d’Information Achats tels que SAP Ariba, iValua, Synertrade, Tradeshift, Jaegger, Resilinc…
Jusqu’à 30% de couverture immédiate des fournisseurs selon les catégories d’achats visées (grâce aux 50 000 entreprises déjà présentes sur la plateforme).
Côté fournisseur Redondance des questionnaires,

Démarche one-to-one, pas de mutualisation possible, sauf dans certains secteurs d’activité (plateformes SAQ)

Pas/Peu de gains de productivité entre deux évaluations

La Fiche d’évaluation est la propriété de l’entreprise évaluée -elle seule décide avec qui elle souhaite partager son évaluation :
clients, prospects et parties prenantes.
Un tableau de bord complet avec benchmarks, commentaires et outils collaboratifs pour s’améliorer.
Des scores reconnus mondialement pour promouvoir et différencier l’entreprise.
Exemples de questions Deux types de réponses

Oui/Non :
-ex :
Les extincteurs d’incendie sont-ils présents, les
issues de secours sont-elles dégagées ?
Les toilettes sont-elles nettoyées régulièrement, les salariés ont-ils accès à tout moment à de l’eau potable?

Veuillez indiquer le % de fournisseurs qui ont signé la charte/code de conduite : (chiffre)

Auto-évaluation des pratiques
-ex :
Comment situez-vous votre entreprise sur la prévention de tout risque de corruption active ou passive :

  • sujet ignoré,
  • début de prise en compte,
  • Prise en compte réelle,
  • Exemplarité
  • Non concerné
Comment votre entreprise a-t-elle formalisé ses
politiques d’éthique des affaires sur les points
suivants :
  • Attribution de responsabilités dédiées (p. ex. Comité d’éthique, conseiller en éthique/déontologie)
    -téléchargez le document justificatif
  • Signature des politiques d’éthique des affaires par les employés (p. ex. Code d’éthique/de conduite)
    -téléchargez le document justificatif
  • Sanctions disciplinaires en cas de violation des politiques
    -téléchargez le document justificatif
  • Autres
    (téléchargez le/les documents justificatifs)
  • Aucun mécanisme spécifique en place
  • Ne sait pas

 

Veuillez indiquer la couverture (en %) :

___% de fournisseurs qui ont signé la charte achats responsables/code de conduite fournisseurs (téléchargez le/les documents justificatifs)

Engagement du fournisseur Les services achats doivent consacrer des ressources supplémentaires pour inviter, relancer, gérer les réponses des fournisseurs sur l’outil de sondage en ligne. EcoVadis fournit une solution clé en main de gestion du programme et des campagnes d’évaluation. Le dispositif de soutien et formation des fournisseurs est disponible en 10 langues.
Mise à jour et recours à des données externes C’est aux services achats de trouver une solution de suivi et décider de la fréquence et du mode de mise à jour.

L’évaluation peut inclure des données anciennes ou périmées : une fois qu’un fournisseur a répondu au questionnaire, le même effort devra être fourni pour mettre à jour l’information.

Selon les résultats de la Fiche d’évaluation et les objectifs à l’interne, les fournisseurs sont incités à être réévalués tous les ans ou tous les 2 ans afin d’améliorer leurs scores et performances.

Diversification des sources : l’évaluation va au delà des documents justificatifs fournis par l’entreprise évaluée. 2500 sources externes : ONG, syndicats, organisations internationales, autorités locales, auditeurs, et autres organisations indépendantes comme Regulatory DataCorp, Inc. et ses 200 000 sources analysées quotidiennement sur 60 catégories de risques -personnes politiquement exposées (PEP), veille marchés émergents, corruption, fraude, et criminalité-

Vérification des informations L’information déclarative peut être validée par des vérificateurs indépendants lors d’un audit sur site.

 

150 experts RSE venant du monde entier analysent pour chaque entreprise évaluée les données externes disponibles et vérifient la cohérence des informations et preuves documentaires fournies par les entreprises.

Quelque soit le mode d’évaluation des partenaires commerciaux choisi, auto-évaluation ou évaluation fondée sur des preuves, les entreprises ont recours aux audits sur site selon différentes stratégies. Gestion des risques : découvrez les différentes stratégies “Évolutions des audits sur site : vers une recombinaison des pratiques d’évaluation RSE”

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La qualité d’évaluation des tiers impacte directement la qualité de la cartographie des risques et de sa mise à jour

 

L’importance de la qualité de l’évaluation des tiers et le retard des entreprises françaises sur cet enjeu sont soulignés dans la seconde édition du baromètre Grant Thornton dédié à la maturité des dispositifs anticorruption des entreprises.

Un an et demi  après l’entrée en vigueur de la Loi Sapin II, seuls 15% des 3 000 entreprises interrogées étaient conformes à la procédure d’évaluation des tiers. «Non seulement le dispositif n’est pas encore mis en place, mais l’ambition des entreprises ne répond pas aux exigences réglementaires» relève le groupe d’audit et de conseil. Les relations avec les fournisseurs apparaissent comme première cause de risques pour 81% des professionnels interrogés.

 

Dans le contexte réglementaire actuel, le recours à l’auto-évaluation RSE des fournisseurs n’est plus suffisant.

 

Références études externes :

Edition décembre 2018 du baromètre Grant Thornton dédié à la maturité des dispositifs anticorruption des entreprises.

Etude avril 2018 “Application de la loi sur le devoir de vigilance : analyse des premiers plans publiés

 

Références études EcoVadis :

Comment les entreprises luttent-elles contre la corruption ?

Comparatif de la performance RSE des entreprises françaises avec celle des autres pays du monde

 

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